9/28/2011

Journal de bord - Troisième jour.


Mercredi 27 octobre 2010

Bon aujourd’hui, c’est un jour particulier. On tourne dans mon appart. J’ai fait le ménage mais pas trop. J’ai rangé les photos de soirées embarrassantes qui pouvaient traîner, et j’ai arrangé l’étagère où je range mes bouquins et mes Dvds pour donner l’impression d’être super cool et ouvert. (Du genre mettre un dvd de The Shield à côté d’un John Cassavettes, « Ouah ! Ptain ce mec est hyper deep ! »). Ca me prend environs 10 minutes, et rapidement l’équipe arrive. J’habite au 5ème sans ascenseur. Tout le monde arrive chez moi la gueule ouverte en se jurant d’arrêter de fumer et de se remettre au sport.

Une fois que tout le monde a repris son souffle, et fumer sa clope (les remords ne durent jamais longtemps), on se met au boulot. Mickaël et son assistant Fabrice arrange ma chambre à coucher pour donner l’impression que c’est celle d’un camé démuni. Tout le monde passe à côté de mon étagère sans n’en avoir rien à foutre, tant pis… Peut-être qu’un jour une nana mignonne remarquera le mal que je me suis donné.

L’avantage de tourner en intérieur dans un environnement familier, c’est que tout est à porté de main sans faire le moindre effort. Simon l’Ingé Son et son perchiste Pierre sont les seuls à être emmerdé, le voisin du dessus a décidé que c’était aujourd’hui qu’il rallongeait son salon en défonçant un mur. Ca finit par s’arrêter rapidement, donc fausse panique.

Les scènes se passent bien, mais les difficultés n’en sont pas moindres. Une grosse scène tournée ce matin-là réside entièrement sur un dialogue primordial. C’est celui où l’on comprend le lien qui unit Sylvain et Amine. Le rythme de ces deux premier épisodes est perpétuellement tendu, cette respiration où les deux anciens amis renouent entre eux représente un certains risque, celui de briser une course et casser un élan narratif, et sur un épisode de 10 minutes, ça pardonne pas… Mais ce n’est pas non plus qu’une question de rythme, en ce moment je suis en plein dans The Wire, la meilleure série du monde (ouais je sais, c’est super convenu de dire ça, mais va te faire foutre, c’est vraiment une putain de série), le rythme est lent, y a peut-être que trois coup de feu par saison, mais tu te retrouves scotché par les persos et leurs interactions les uns envers les autres.


Enfin bref, tout ça pour dire que l’intérêt dans l’écriture d’une série se calibre énormément sur la notion d’enjeu : ou est-ce qu’on va ? Et les meilleures séries d’aujourd’hui possèdent toutes cette ligne d’objectif identifiable et tendue… 
Bon voilà, c’était le quart d’heure intello, j’espère que t’as pris ton pied. 

Allez, à demain.

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