9/30/2011

Journal de bord - Quatrième jour.


Jeudi 27 octobre 2010

Ce matin ça commence sec. Rendez-vous 7h00 dans un bar. Alors le premier qui se plaint, je lui colle une mandale de cowboy, car on a plutôt eu chaud aux fesses. La scène musclée entre Malick et le bras droit du dealer en chef devait se dérouler à l’origine dans une salle de billard. On avait trouvé un pub, parfait, mais voilà, la veille, le proprio se rétracte, il ne pourra pas être là, et pas question qu’on tourne sans sa présence. Alors, tu vas me dire, normal pour un tournage, mais la veille au soir, c’est un peu vénère quand même. Bon heureusement, Fabien qui joue le rôle de Sylvain, nous dégotte un rade du côté des Abbesses, dans lequel il a été serveur. Une seule condition, on ne pourra tourner qu’entre 7h00 et 10h00. 

J’en profite pour insister encore une fois sur l’implication salutaire de l’équipe entière. Sur un tournage à l’économie aussi serrée, c’est une question de survie, et sur ce coup là, tout le monde a assuré. Voilà, moment émotion, on sèche ses larmes, pleurer un coup, c’est comme une rediff d’un épisode de Madame est servie à la télé : de temps en temps, ça fait du bien.

7h00 du mat’, donc, ça se passe bien, le cafetier se plaint pas, tout le monde enchaîne les petits noirs serrés pour se donner la pêche. Ca reste quand même la course, et à 10h00, on est fier de libérer les lieux à temps. Et je comprends pourquoi le barman tenait à ce qu’on décolle à cette heure là. En moins de 20 minutes, la proportion de touristes au mètre carré à quadruplé, ils boivent les cappuccinos par trois, et mangent les croissants par paquets de douze… Je presse tout le monde de sortir avant qu’ils aient l’idée de réclamer des pains au chocolat pour la régie. 

On saute dans la caisse de Fabrice, et direction la M.I.E de Paris qui servira de décor aux scènes du commissariat. Sur le chemin, on traîne un peu dans la circulation encombrée. Moïse, cadreur qui nous a été ramené pour notre plus grand plaisir par Mickaël, mitraille la rue de photos, y a des travaux et une bouche d’égout rejette des volutes de vapeur devant un immeuble de style empire. On se croirait à New-York, mec.


Arrivé sur place, tout le monde est là sauf Romain, qui joue Damien le jeune flic, il a loupé son réveil, du coup on avance l’heure du repas le temps qu’il arrive. Pendant ce temps avec Antoine, on s’éclate à décorer des plans de Paris avec des photos de crime, façon « guerre contre la drogue ». Bon, un moment donné on s’aperçoit qu’on en a fait un peu trop, car on dirait plutôt la carte de Beyrouth en 94 que celle d’une ville européenne, alors on revoit tout ça à la baisse.


L’après-midi se passe bien, on a un peu sous-estimé la figuration, et pour rendre crédible la réunion en salle de conf’, on cherche un peu partout des volontaires, ils sont filmé de dos donc ça passera. 19h, on remballe, en sachant qu’on a commencé à 7h00, l’idée de rentrer chez soi, et de se poser avec un bon verre de lait et des cookies commence à germer dans la tête de pas mal de monde. Surtout que demain, on refait la même, avec l’épreuve de Montmartre et du Sacrée cœur. Touristes, temps incertains, autorisations stricte de la mairie,… 

Pour nous, ça équivaut à un saut depuis un pont avec un élastique achetés d’occasion sur ebay… On flippe un peu, et on n’est pas rassuré.

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